En septembre 2016, le président turc Recep Tayyip Erdoğan déclarait :

« Je le dis très clairement, le PYD est un groupe terroriste, le YPD est un groupe terroriste, Daech est un groupe terroriste, le PKK est un groupe terroriste, et il n’y a aucune différence entre ces différents groupes ».[1] « La Turquie subit l’attaque commune des organisations terroristes », ajoutait-t-il trois mois plus tard.[2]

Cette double déclaration illustre parfaitement la posture discursive de la Turquie qui prévaut depuis 2014 en matière de sécurité intérieure : indifférenciation des idéologies et des revendications propres à chacun des groupes ‘terroristes’, indifférenciation des contextes géographiques[3] et indifférenciation des attentats. En installant ainsi une dualité Turquie – terrorisme, Erdoğan évacue la dimension politique de la violence au profit d’un ‘tout-sécuritaire’. Le qualificatif de ‘terrorisme’ est employé dans l’objectif de décrédibiliser les griefs exprimés respectivement par ces groupes, et d’établir une équivalence entre les usages que font ces derniers de la violence.

Ce langage sécuritaire a donc pour effet d’imposer une grille de lecture manichéenne de l’activisme violent en Turquie, alors que celui-ci recouvre une variété d’acteurs, de motifs et de modes opératoires. Par conséquent, cette note a pour objectif (1) de décrire et caractériser les activités terroristes en Turquie, (2) d’analyser le contexte politique dans lequel elles s’inscrivent, (3) de mesurer leur degré de coordination (Daech) sur le territoire turc, (4) de présenter la réponse sécuritaire du pouvoir (Daech), (5) d’évaluer la nature des rapports respectifs entre Turquie, Daech et PKK, et (6) in fine de discuter l’hypothèse de la priorisation de la lutte contre l’irrédentisme kurde vis-à-vis de celle contre le terrorisme jihadiste.

Le terrorisme en Turquie : acteurs et motifs de la violence

En dépit des efforts du régime turc pour définir une ‘menace terroriste’ homogène, l’activisme violent en Turquie présente des visages et des manifestations multiples. D’une part, l’Etat turc fait face depuis 1984 – et ce malgré une trêve de 1999 à 2004 et de mars 2013 à juillet 2015 – à un irrédentisme kurde incarné par le PKK (Partiya Karkerên Kurdistan) et, dans ses éléments les plus radicaux, le TAK (Teyrênbazê Azadiya Kurdistan, créé en 2002-4) [4] – bien que le degré de connexion entre ces deux organisations soit « difficile à déterminer ».[5],[6] L’objectif affiché du PKK est de « protéger et achever la liberté du peuple kurde contre le génocide physique et culturel et les politiques d’assimilation de l’Etat-nation turc » au moyen de la guérilla et du terrorisme.[7]

La Turquie est par ailleurs confrontée depuis les années 2010 à une nouvelle forme de violence, le terrorisme jihadiste, conséquence du développement de Daech en Irak et en Syrie. Cette organisation dispose d’un grand nombre de cellules en Turquie, dont la plus notable, dirigée par Yunus Durmaz, l’ « émir de Gaziantep », est à l’origine de cinq attentats sur le sol turc.[8] Trois motifs sont invoqués par Daech pour prendre la Turquie comme cible : la participation de cette dernière à la « coalition croisée »,[9] le soutien qu’elle apporte à la Sahwa syrienne (coalition de groupes rebelles sunnites),[10] et la forme même de son régime, qui « légifère, exécute et juge selon des lois humaines » (donc non divines).[11] On estime par ailleurs à 3 000 turcs le nombre de combattants au sein de Daech.[12]

En somme, il n’existe pas de ‘front terroriste’ uni ou unique contre l’Etat turc. Non seulement l’agenda panislamiste de Daech diffère fondamentalement de l’irrédentisme kurde du PKK et du TAK, mais ces deux parties sont en conflit direct : d’une part les Kurdes sont les principaux combattants au sol contre Daech en Syrie ;[13] d’autre part la majorité des attentats de Daech en Turquie ont pris les Kurdes pour cible– comme l’illustre l’attentat contre une manifestation pro-kurde le 10 octobre 2015 à Ankara (103 morts) – qu’il qualifie de « communistes »,[14] d’ « athéistes »,[15] et d’ alliés « opportunistes » des « croisées » dans leur quête d’autonomie.[16] Selon Aaron Stein, cette focalisation sur les Kurdes a pour objectif de déclencher « des tensions ethniques entre les Kurdes de Turquie et les Turcs ».[17]

Les attaques terroristes en Turquie : statistiques et revendications

Selon la Global Terrorism Database,[18] 3 557 attaques terroristes ont été perpétrées en Turquie de 1970 à 2015, dont 808 de 2010 à 2015 (avec un total de 897 victimes). Depuis 2011, c’est-à-dire le début de la guerre civile syrienne, et surtout depuis 2014, on observe une nette augmentation des activités terroristes en Turquie (voir graphique).

Capture d_écran (5)Source : Global Terrorism Database

Pour l’année 2015, Daech est responsable de 154 morts, soit deux fois moins que le PKK, responsable de 319 morts. En 2016, environ 340 personnes ont trouvé la mort dans des attentats terroristes.[19] Nouveauté de 2016 : l’affirmation du TAK, qui a revendiqué au moins cinq attentats (voir chronologie) à l’origine de 130 décès. Daech est quant à lui tenu responsable par les autorités de sept attentats majeurs (169 victimes au total), bien qu’il n’en ait revendiqué que deux : celui de Diyarbakir le 4 novembre[20] et celui du Reina à Istanbul le 31 décembre.[21]

Jusqu’alors, Daech n’avait jamais revendiqué d’attaque terroriste en Turquie, avec l’exception d’une série d’assassinats de journalistes (notamment deux membres du réseau Raqqa Is Being Slaughtered Silently), d’un instituteur à Kahramanmaras[22] et de membres de l’opposition syrienne.[23] Il est probable que ce silence avait pour but « de mettre la pression sur Erdoğan, sans lui déclarer une guerre totale »[24] du fait du rôle que la Turquie a joué comme base arrière de Daech de 2014 à 2016 (voir infra). L’attentat du Reina, boite de nuit huppée d’Istanbul et très fréquentée par les expatriés,[25] marque une rupture avec cette politique du silence.

L’attentat du club Reina : une conséquence des purges post-coup ?

L’attentat du Reina intervient dans un contexte post-coup où une part importante des personnels de police ont été démis de leurs fonctions. « La chasse aux gülenistes a été particulièrement violente dans la police et le renseignement » explique ainsi Jean-François Pérouse.[26] Ce sont en effet environ 140 000 représentants de l’Etat qui ont été licenciés pour leurs liens supposés ou avérés avec la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016, dont 30 000 au sein de la Police Nationale, la moitié des généraux de l’armée et 4 000 juges ou procureurs.[27] Selon Ahmet Yayla, la quasi-totalité des effectifs en charge du contreterrorisme, de la lutte contre le crime organisé et des forces spéciales d’intervention a été congédié et remplacée par un personnel inexpérimenté.[28] Cette purge constitue le point culminant d’un phénomène de remplacements massifs de policiers et de juges par Erdoğan depuis le scandale de corruption de décembre 2013.[29] Il est donc probable qu’elle ait profondément déstabilisé les services de sécurité et de surveillance et in fine bénéficiée à Daech.[30]

Cela pourrait expliquer comment l’auteur de l’attentat du Reina (Abdülkadir Masharipov, nom de code Abu Mohammed Horasan[31]) ait pu rester plus de sept minutes sur le lieu de l’attentat et s’échapper par la suite malgré le déploiement de 35 000 officiers de police la nuit du réveillon de l’an dans le cadre de l’opération PEACE34.[32] De même, 17 jours ont été nécessaires pour capturer le terroriste alors qu’il n’avait pas quitté Istanbul (Daech a même diffusé via Telegram une vidéo du tueur marchant sur Taksim[33]). Rappelons également que l’assassin de l’ambassadeur de Russie en Turquie (Andrey Karlov), tué le 19 décembre 2016, était un policier turc (supposément membre du réseau de Fethullah Gülen), du département de police d’Ankara.[34]

Les réseaux de Daech en Turquie

L’arrestation du tueur du Reina dans un appartement de Zeytinburnu (faubourgs d’Istanbul) le 16 janvier a confirmé l’existence en Turquie d’une plateforme logistique pro-Daech capable de fournir argent, ‘planques’ et matériel militaire de pointe – un réseau d’ailleurs revendiqué par Daech dans son magazine Dabiq.[35] Une cellule en particulier est « directement impliquée dans 8 des 10 attentats de Daech en Turquie »[36], celle de la ville d’Adiyaman, dont 3 membres sont les auteurs des attaques de Suruç, d’Ankara et de Gaziantep (mai 2016). Liée à HISADER, une ONG islamiste locale dissoute en juillet 2014, [37] la cellule d’Adiyaman disposait de 31 membres rassemblés autour d’un chef opérationnel, Mustafa Dokumaci, et d’un émir spirituel, Ahmet Korkmaz. Ce dernier aurait vraisemblablement été remplacé par Ibrahim Bali, numéro 1 de Daech en Turquie, depuis sa fuite en Syrie en mars 2015.

En mars 2015 en effet, le gouvernement avait lancé une opération conduisant à l’arrestation de plus de 400 individus soupçonnés de liens avec Daech.[38] En 2016, ce nombre s’est élevé à 820 personnes selon les agences de média du gouvernement.[39] Cette vague répressive a permis de démanteler la cellule d’Adiyaman ainsi que plusieurs cellules de recrutement comme celle de Mustafa Gunes à Konya et celle de Murat Baysal à Izmir (ce dernier avait recruté Savas Yildiz, responsable de la première attaque de l’EI en Turquie en mai 2015). Cette répression cible également les relais de la propagande de Daech en Turquie. En juillet, la police a ainsi arrêté Abdulkadir Polat, l’éditeur en chef du site internet Enfal Medya, qui a été fermé.[40] Le site relayait notamment le magazine Konstantiniyye, élaboré depuis juin 2015 par Darul Hilafe, l’organe turcophone d’al-Hayat Media (agence de communication de Daech).[41] A ces mesures sécuritaires s’ajoute une stratégie de diffusion de sermons par le Diyanet dans le but de porter atteinte à la crédibilité religieuse de Daech.[42]

Cette lutte contre les réseaux de Daech n’est toutefois effective que depuis la mi-2015.[43] Jusqu’à cette date, les relations entre le régime turc et Daech n’étaient pas claires.

De 2011 à fin 2015, la passivité de la Turquie vis-à-vis de Daech

L’engagement de la Turquie dans la lutte contre Daech a en été remis en question par plusieurs observateurs.[44] En 2014 déjà, le journaliste Daniel Pipes rapportait que des ambulances turques partaient « dans les zones de combat entre les Kurdes et Daech pour évacuer les blessés de Daech vers des hôpitaux turcs ».[45] Selon Aaron Stein, la Turquie a en fait « longtemps joué un rôle de centre de transit pour jihadistes étrangers », notamment vers la Tchétchénie, le Daghestan et l’Irak,[46] ainsi que pour divers trafics. Aujourd’hui, Daech s’appuie sur les restes de ces réseaux jihadistes, notamment en confiant le recrutement aux anciens des jihad(s) afghans (1979-89, 2001-).[47] On estime par ailleurs qu’en 2014, Daech passait en contrebande l’équivalent de 15 millions de dollars de pétrole à travers la Turquie chaque mois – [48]  un trafic dans lequel la famille d’Erdoğan serait d’ailleurs impliquée.[49]

Cette passivité, voire cette alliance tacite du régime turc vis-à-vis de Daech – démentie par Erdoğan –[50] avait été à l’époque expliquée par la détention de 49 otages turcs par Daech, dont la libération aurait été négociée par la Turquie en échange de 180 prisonniers jihadistes ;[51] un deal que dément Daech.[52] La libération des otages turcs en septembre 2014 n’ayant pas pour autant mis un terme au trafic de pétrole,[53] une hypothèse plus plausible est que « l’obsession du renversement d’Assad »[54] par le pouvoir turc ait conduit à une cécité sur la nature des groupes rebelles soutenus par la Turquie.

Une seconde hypothèse plausible est qu’Erdoğan ait considéré Daech comme un allié objectif dans le containment de l’irrédentisme kurde. L’inquiétude turque porte sur la consolidation d’une région autonome kurde dans le nord syrien (Rojava), qui pourrait potentiellement stimuler le nationalisme kurde en Turquie.[55] C’est pour cette raison que l’opération turque Bouclier de l’Euphrate lancée en août 2016 dans l’objectif de combattre Daech[56] est largement décriée comme un subterfuge pour repousser les Kurdes. Si certains, tel Jean-François Pérouse, estiment que la lutte contre « l’Etat Islamique est clairement devenu[e] la priorité d’Ankara »,[57] d’autres pointent la focalisation de la majorité des bombardements turcs sur les positions kurdes.[58] L’immolation de deux soldats turcs par Daech en réaction à l’opération Bouclier de l’Euphrate (dans la vidéo, le bourreau reproche précisément à Erdoğan d’avoir ouvert la base d’Incirlik à la coalition internationale)[59] indique néanmoins que l’organisation a bien été ciblée par la Turquie. L’attentat du Reina, revendiqué début 2017, avait également été présenté comme des représailles à l’opération turque.[60]

En somme, si la passivité puis l’ambigüité de la politique extérieure turque vis-à-vis de Daech est manifeste, à l’intérieur de la Turquie en revanche, il semble que le régime ait finalement opté pour une répression systématique des réseaux jihadistes.

Conclusion : une hiérarchisation des menaces ?

En juillet 2015, Erdoğan lançait une « guerre contre le terrorisme », ciblant de manière « synchronisée » le PKK et Daech.[61] Ce vocabulaire dénote une volonté de définir une ‘menace terroriste’ homogène sans tenir compte de la nature des acteurs et de leur discours. Cette indifférenciation sémantique (« terroristes »), qui va de pair avec un discours moral (« nous » contre « eux »), semble cependant dissimuler un pragmatisme d’Etat hiérarchisant la menace par ordre d’importance. Ainsi, Daech n’est-il pas – du point de vue des autorités turques – un allié objectif contre le ‘régionationalisme’ kurde qui ‘menace’ l’intégrité territoriale de la Turquie depuis plus d’un siècle ? La passivité, voire la complicité de la Turquie vis-à-vis de Daech jusqu’à l’été 2015, est-elle le symptôme d’une hiérarchisation des menaces sécuritaires entre – encore une fois, du point de vue turc – une organisation jihadiste de quelques dizaines de milliers de combattants en repli territorial, et un réseau de groupes kurdes représentant potentiellement des millions de personnes à l’intérieur et aux frontières de la Turquie ? Une hypothèse plausible serait qu’Erdoğan voit dans l’irrédentisme kurde une menace de long terme et dans Daech un épiphénomène certes meurtrier, mais, par définition, de court terme. Cette hiérarchisation de la menace est d’autant plus probable dans un contexte post-coup d’Etat qui voit les moyens de la Turquie dispersés sur trois fronts : d’une part contre le PKK et le TAK, d’autre part contre Daech et enfin contre les réseaux gülenistes.

Si jusqu’ici la lutte contre le terrorisme jihadiste sur le territoire turc n’apparaissait pas comme une priorité du fait de son intrication avec la question kurde d’une part, et de la fragilisation de l’appareil sécuritaire turc d’autre part, aujourd’hui le gouvernement semble avoir changé de stratégie. La politique de répression lentement mise en place par le pouvoir depuis l’été 2015 apparait indispensable car si les jihadistes avaient fait profil-bas vis-à-vis de la Turquie jusqu’à la fin 2016, le pays est désormais une cible privilégiée de Daech – le “calife“ Abu Bakr al-Baghdadi a appelé à frapper sur le sol turc –[62] et sa proximité avec le bassin irako-syrien (1600 km de frontières) rend le débordement de violence inévitable.

Théo Blanc

Chronologie des attentats terroristes en Turquie

2015 

7 janvier : 2 blessés (attribué au DHKP-C)

14 janvier : 6 morts et 39 blessés à Cina (attribué au PKK)

5 juin : 5 morts à Diyarbakir (attribué à Daech)

8 juin : 6 morts et 50 blessés à Midyat (attribué au PKK)

20 juillet : 34 morts Suruç (attribué à Daech)

10 août : trois morts à Istanbul (consulat américain) (attribué au PKK)

10 octobre : 109 morts et 500 blessés à Ankara (attribué à Daech)

2016

12 janvier : 12 morts à Istanbul (attribué à Daech)

14 janvier : 6 morts et 39 blessés à Cinar (revendiqué par le PKK)

17 février : 29 morts et 80 blessés à Ankara (revendiqué par les TAK)

13 mars : 37 morts et 125 blessés à Ankara (revendiqué par les TAK)

19 mars : 4 morts et 36 blessés à Istanbul (attribué à Daech)

12 mai : 3 morts 22 blessés à Gaziantep (attribué au PKK)

7 juin : 11 morts à Beyazit (revendiqué par les TAK)

8 juin : 4 morts 30 blessés à Mardin (?)

28 juin : triple attentat-suicide à l’aéroport international Atatürk d’Istanbul, 47 morts et près de 300 blessés (attribué à Daech)

20 août : 57 morts et 100 blessés à Gaziantep (attribué à Daech)

26 août : 11 morts et 37 blessés à Cizre (revendiqué par le PKK)

9 octobre : 18 morts à Semdinli (attribué au PKK)

4 novembre : 9 morts à Diyarbakir (revendiqué par Daech et par les TAK)

24 novembre : 2 morts et 33 blessés à Adana (attribué au PKK)

10 décembre : double attentat au stade de Beşiktaş à Istanbul, 44 morts et 100 blessés (revendiqué par les TAK)[63]

17 décembre : 14 morts (militaires) à Kayseri (attribué au PKK)

31 décembre : 39 morts et 65 blessés à Istanbul (revendiqué par Daech)

2017

5 janvier : 2 morts et 6 blessés à Izmir (attribué au PKK)

17 février : 1 mort et 15 blessés à Viransehir (?)

15 mars : 2 morts près de Diyarbakir (attribué au PKK)

carte attentats turquie.jpgSource :  AFP

Notons que la plupart des attentats du PKK se concentrent plutôt dans la partie est (Kayseri, Gaziantep) de la Turquie, voire extrême-est (Cizre, Semdinli, Midyat, Cina), tandis que ceux du TAK se concentrent à Ankara (+ Kayseri) et que ceux de Daech visent soit Istanbul (capitale symbolique de la Turquie) soit les villes frontalières de la Syrie (Suruç, Gaziantep).

Références

[1] « Erdogan répond à la question de l’intervention de la Turquie en Syrie », YouTube, 16 septembre 2016, en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=uDEG_IA9l-c

[2] « Erdogan : “La Turquie est attaquée par les organisations terroristes“ », TRT, 17/02/2016, en ligne : http://www.trt.net.tr/francais/turquie/2016/12/17/erdogan-la-turquie-est-attaquee-par-les-organisations-terroristes-632452. C’est nous qui soulignons.

[3] Le PYD et le YPD sont syriens, le PKK est turc, et Daech est international.

[4] RAVERDY Quentin, « Attentat d’Ankara : qui se cache derrière les Faucons de la liberté ? », Le Point, 20/02/2016, en ligne : http://www.lepoint.fr/monde/attentat-d-ankara-qui-se-cache-derriere-les-faucons-de-la-liberte-20-02-2016-2019888_24.php#xtor=CS2-239

[5] GOUËSET Catherine, « Pourquoi la Turquie est devenue une cible privilégiée du terrorisme », L’Express, 02/01/2017, en ligne : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/pourquoi-la-turquie-est-devenue-une-cible-privilegiee-du-terrorisme_1865089.html ; GOUËSET Catherine, « Turquie : “Les relations ambiguës du PKK avec les Faucons de la Liberté », L’Express, 17/03/2016, en ligne : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/turquie-les-relations-ambigues-du-pkk-avec-les-faucons-de-la-liberte_1774347.html

[6] Quant au PYD (Partiya Yekîtiya Demokrat) et au YPD (Yekîneyên Parastina Gel), ils constituent respectivement la branche politique et la branche militaire du PKK en Syrie, et, même si leur niveau de connexion et de coordination avec le PKK est également flou, ils ne sont pas directement impliqués dans des activités terroristes en Turquie.

[7] « 34th anniversary of Kurdistan Workers Party», PKK website 26/11/2011, en ligne: https://www.pkkonline.com/en/index.php?sys=article&artID=175

[8] STEIN Aaron, « La Turquie n’a rien fait pour arrêter les djihadistes : maintenant, il est trop tard », Slate, 08/07/2016, en ligne : http://www.slate.fr/story/120705/turquie-trop-tard-arreter-djihadistes

[9] Dabiq 11, p. 47

[10] Dabiq 9, « They plot and Allah plots », 1436 Sha’ban, p. 18

[11] Dabiq 11, p. 6

[12] YAYLA S. Ahmet, “Turkey’s Crippled Counterterrorist Capacity: How Domestic Purges Represent an International Threat to Europe’s Security”, Modern diplomacy, 02/03/2017, en ligne: http://moderndiplomacy.eu/index.php?option=com_k2&view=item&id=2306:turkey-s-crippled-counterterrorist-capacity-how-domestic-purges-represent-an-international-threat-to-europe-s-security

[13] « Syrie : avec les Kurdes qui combattent les jihadistes aux portes de Raqqa », France info, 29/12/2016, en ligne : http://www.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/offensive-jihadiste-en-irak/combats-en-syrie-aux-portes-de-raqqa_1992049.html

[14] Dabiq 8, « Shar’iah alone will rule Africa », 1436 Jumada al-Akhira, p. 38

[15] Dabiq 11, p. 9

[16] Dabiq 10, “The Law of Allah or the Laws of Men”, 1436 Ramadan, p. 30

[17] STEIN Aaron, « Islamic State Networks in Turkey. Recruitment for the Caliphate”, Atlantic Council, October 2016, online: http://www.publications.atlanticcouncil.org/wp-content/uploads/2016/09/Islamic-State-Networks-in-Turkey-web-1003.pdf, p. 9

[18] Global Terrorism Database: https://www.start.umd.edu/gtd/

[19] Ce nombre est basé sur mes propres calculs à partir des nombres communiqués par la presse et mentionnés dans la chronologie en fin d’article.

[20] « Turquie : le groupe Etat islamique revendique l’attentat de Diyarbakir », L’Express, 05/11/2016, en ligne : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/turquie-le-groupe-etat-islamique-revendique-l-attentat-de-diyarbakir_1847552.html

[21] Communiqué de revendication de Daech : https://twitter.com/_DavidThomson/status/815839165304729600/photo/1?ref_src=twsrc%5Etfw

[22] Konstantiniyye 4, “Sen Onlari Biklik Sanirsin Oysa Kalpleri Paramparçadir », Safer 1437

[23] ZERROUKY Madjid, « L’Etat islamique n’a pour l’instant jamais revendiqué une attaque en Turquie », Le Monde, 29/06/2016, en ligne : http://www.lemonde.fr/djihad-online/article/2016/06/29/en-turquie-des-attaques-pour-l-instant-jamais-revendiquees-par-l-etat-islamique_4960535_4864102.html

[24] GOUËSET Catherine, « Pourquoi la Turquie est devenue une cible privilégiée du terrorisme », op. cit.

[25] Il est intéressant de noter que parmi les victimes figurent des Saoudiens et des Israéliens, des Syriens et des Russes, des chrétiens et des musulmans.

[26] MACE Célian, « Davantage que la peur, c’est le désespoir qui domine en Turquie », Libération, 01/01/2017, en ligne : http://www.liberation.fr/planete/2017/01/01/davantage-que-la-peur-c-est-le-desespoir-qui-domine-en-turquie_1538485

[27] YAYLA S. Ahmet, “Turkey’s Crippled Counterterrorist Capacity”, op. cit.

[28] YAYLA S. Ahmet, “The ISIS Istanbul Reina Club Attack: A Lesson in What Happens when One Invites Cannibals to Dinner”, International Center for the Study of Violent Extremism, en ligne : https://www.academia.edu/30709128/The_ISIS_Istanbul_Reina_Night_Club_Attack_A_Lesson_in_What_Happens_when_One_Invites_Cannibals_to_Dinner

[29] YAYLA S. Ahmet, “Turkey’s Crippled Counterterrorist Capacity”, op. cit. Les scandales d’Ergenekon en 2008 et de Balioz en 2012 avaient aussi donnés lieu à des purges importantes.

[30] YAYLA S. Ahmet, “Turkey’s failed coup: A victory for ISIS”, The Hill, 07/20/2016, en ligne : http://thehill.com/blogs/pundits-blog/international-affairs/288452-turkeys-failed-coup-a-victory-for-isis

[31] L’attentat du Reina est la troisième attaque (après Diana Ramazova le 6 janvier 2015 et l’attentat de l’aéroport d’Atatürk le 28 juin 2016) impliquant des individus issus de l’Asie centrale ou du Caucase perpétuant des attentats au nom de Daech en Turquie.

[32] PEROUSE Jean-François, « Terrorisme et métropole : les pérégrinations stambouliotes de l’assassin du Reina », Ovipot.org, 23/02/2017, en ligne : http://ovipot.hypotheses.org/14653

[33] Source de la vidéo de l’auteur de l’attentat du Reina : https://twitter.com/ahmetsyayla/status/816037332860149760

[34] YAYLA S. Ahmet, “What it means that the Russian Ambassador to Turkey was Assassinated by a Radicalized Militant Jihadi off‐duty Turkish Police Officer“, ICSVE, en ligne : https://lc.cx/JW46

[35] Dabiq 11, « From the battle of Al-Ahzab to the war of coalitions », 1436 Dhul-Qa’dah, p. 57

[36] STEIN Aaron, « Islamic State Networks in Turkey”, op. cit., p. 6

[37] http://www.haberturk.com/gundem/haber/975009-isid-ile-ayni-sembolleri-kullanan-dernek-kapandi

[38] STEIN Aaron & BLASER Noah, “The Islamic State’s Network in Turkey”, Turkey Wonk, 30/10/2015, online: https://turkeywonk.wordpress.com/2015/10/30/the-islamic-states-network-in-turkey/

[39] http://www.pressmedya.com/haberler/25752/isid-operasyonlarinda-454-kisi-tutuklandi

[40] http://www.gazetevatan.com/nigde-emniyet-muduru-serbest–389953-gundem/

[41] North Caucasus Caucus, “The Conquest of Constantinople: The Islamic State Targets a Turkish Audience,” Jihadology, June 9, 2015, http://jihadology.net/2015/06/09/guest-post-the-conquest-of-constantinople-the-islamic-state-targets-a-turkish-audience/

[42] Hilmi Demir and Selim Koru, “The Theological Battle Between ISIL and the Turkish State,” War on the Rocks, May 4, 2016, http:// warontherocks.com/2016/05/the-theological-battle-between-isiland-the-turkish-state/

[43] GRIMALDI S.G. & KORU Selim, “Is the Islamic State Trying to Draw Turkey Into Syria?”, War on Rocks, 13/05/2016, online: https://warontherocks.com/2016/05/is-the-islamic-state-trying-to-draw-turkey-into-syria/

[44] HUBINE Nina. “L’opposition turque affirme détenir un document prouvant le soutien du gouvernement Erdogan aux groupes djihadistes présents en Syrie. Des accusations qui fragilisent le pouvoir turc, alors que 80 ressortissants sont retenus par l’EIIL en Irak.“ France 24, 05/11/2014, en ligne : http://www.france24.com/fr/20140617-gouvernement-turquie-soutenir-djihadistes-syrie-otages-turcs-mossoul-irak/

[45] PIPES Daniel. “Turkish Support for ISIS”, Middle East Forum, 05/11/2014, en ligne : http://www.danielpipes.org/14486/turkey-isis

[46] STEIN Aaron, « La Turquie n’a rien fait pour arrêter les djihadistes : maintenant, il est trop tard », op. cit.

[47] STEIN Aaron, « Islamic State Networks in Turkey”, op. cit.,

[48] SEIBERT Thomas. “Is NATO Ally Turkey Tacitly Fueling the ISIS War Machine?” The Daily Beast, 05/11/2014, en ligne : http://www.thedailybeast.com/articles/2014/09/08/is-nato-ally-turkey-tacitly-fueling-the-isis-war-machine.html

[49] L’affaire “RedHack” a en effet révélé en septembre 2016 que Berat Albayrak, beau-fils d’ Erdoğan et ministre de l’Energie était impliquée dans le transfert et la vente du pétrole de Daech ; YAYLA S. Ahmet, “Hacked Emails Link Turkish Minister to Illicit Oil”, World Policy Blog, 17/10/2016, en ligne : http://www.worldpolicy.org/blog/2016/10/17/hacked-emails-link-turkish-minister-illicit-oil

[50] « La presse occidentale accuse la Turquie d’aider Daech. C’est faux, nous n’avons pas commis cette erreur. Il n’est pas question pour la Turquie de soutenir ce groupe terroriste » ; PLOQUIN Jean-Christophe, « Turquie, les quatre vérités sur le terrorisme du président Erdogan », Paris planète, 02/11/2014, en ligne : http://paris-international.blogs.la-croix.com/turquie-les-quatre-verites-sur-le-terrorisme-du-president-erdogan/2014/11/02/

[51] https://warontherocks.com/2016/05/is-the-islamic-state-trying-to-draw-turkey-into-syria/

[52] Daech nie l’existence d’un tel échange : “He [Abū ‘Abdillāh ash-Shāmī] then lied and claimed that the Islamic State had itself “cooperated” with Turkey and he used as his “proof ” the prisoner exchange in which 46 Turkish prisoners were exchanged for almost 200 muhājirīn! Is this “cooperation” or fulfulling the obligation of striving for the release of Muslim prisoners! He made his shameful lie knowing very well that the apostate Turkish regime and army are part of NATO and the American-led crusade against the Islamic State and that Turkey partakes in the imprisonment of muhājirīn and together with America strikes positions of the Islamic State in Halab”, Dabiq 11 p. 9

[53] “Turkish Hostages Of ISIS Freed”, The World Post, 03/11/2014, en ligne :  http://www.huffingtonpost.com/2014/09/19/turkish-hostages-of-isis-freed_n_5853488.html

[54] DE SAINT SAUVEUR Charles, « Attaque à Istanbul : “Ça devient compliqué pour Erdogan“ », Le Parisien, 02/01/2017, en ligne : http://www.leparisien.fr/politique/ca-devient-complique-pour-erdogan-02-01-2017-6514887.php

[55] CIVIROGLU Mutlu, “Turkey’s passive-aggressive inaction in Kobani is anti-Kurd, anti-peace politics. And it’s dangerous.”, The Guardian, 05/11/2014, en ligne : http://www.theguardian.com/commentisfree/2014/oct/14/turkey-inaction-kobani-kurdish-peace-politics

[56] « C’est le devoir de notre peuple d’en finir avec Daech en Syrie et de les affaiblir suffisamment pour qu’ils ne puissent plus mener d’attaques dans notre pays. Et l’opération Bouclier de l’Euphrate est la première étape » déclarait Recep Tayyip Erdogan en septembre 2016 peu après le déclenchement d’une offensive turque sur la ville syrienne d’Al-Bab ; « Turquie : le président Erdogan déterminer à lutter contre le terrorisme », euronews, 11/09/2016, en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=pR2FsHgepZE

[57] MACE Célian, « Davantage que la peur, c’est le désespoir qui domine en Turquie », op. cit.

[58] « Daech : Pourquoi la Turquie entre en guerre(s) », op. cit.

[59] « Daech diffuse une vidéo de soldats turcs brûlés vifs », L’Express, 23/12/2016, en ligne : http://www.lexpress.fr/actualite/monde/proche-moyen-orient/daech-diffuse-une-video-de-soldats-turcs-brules-vifs_1863137.html

[60] « Pourquoi Daech attaque la Turquie ? », C’ dans l’air, 03/01/2017, en ligne : https://www.youtube.com/watch?v=6zruYxP8-_o

[61] GOUËSET Catherine, « Pourquoi la Turquie est devenue une cible privilégiée…», op. cit.

[62] YAYLA S. Ahmet, “The Reina Nightclub Attack and the Islamic State Threat to Turkey”, CTCSentinel, Volume 10, Issue 3, March 2017, online: https://lc.cx/JsxB

[63] PEROUSE Jean-François, « Les attentats meurtriers du 10 décembre 2016 au stade de Beşiktaş », Ovipot, 18/12/2016, en ligne : https://ovipot.hypotheses.org/14601

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